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Actus du web – S03E2 – Semaine 16

Grosse grosse semaine dis donc ! Entre Facebook qui se fait épingler par le TGI, Blizzard qui achète les data concernant la grossesse de ses employées et Lush qui décide de quitter les réseaux sociaux en Grande-Bretagne, on en a eu de toutes les couleurs ! Et ce n’est pas tout ! Je te parlerai aussi de la nouvelle loi Fake News, de Google Cloud Next 19, de Twttr (ce n’est pas une faute), de la W3C, d’une enquête qui dit que les français en on marre de la pub et du ciblage par la donnée (no shit Sherlock). Oh et puis je vais te parler du dernier livre de Mike Monteiro que j’ai acheté (mais pas encore lu malheureusement) mais que je te recommande déjà très chaleureusement ! Allez, en voiture Simone, on a de la route !


30 kilos de prune

Une fois n’est pas coutume, Facebook se voit réclamer de l’argent par un tribunal et il s’agit cette fois-ci du TGI de Paris. En procédure depuis 5 ans avec l’UFC-Que Choisir, Facebook a été condamné à 30.000 euros d’amende pour non respect lié au traitement et à la protection des données personnelles.

En cause, 430 clauses abusives dans ses conditions générales d’utilisations et un gros manque de transparence envers ses utilisateur·rices. Le Tribunal a donc rappelé la compagnie à ses obligations, tout comme la DGCCRF et la commission européenne, qui poursuivent Facebook depuis 2016. La firme assure aujourd’hui que des nouvelles CGU « plus transparentes en ce qui concerne les autorisations accordées par les utilisateurs pour l’usage de leurs données, la fermeture ou la suspension des comptes d’utilisateurs ou encore la mise à jour des conditions d’utilisation » entreront en vigueur fin juin 2019.

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Data ‘R (uter)Us

Le moment classe de la semaine, c’est quand j’ai vu passer le tweet ci-dessous :

Que ne fus-je pas interpellée en lisant qu’Activision-Blizzard donnait de l’argent à ses employé·es pour récupérer leurs données personnelles, notamment celles des femmes utilisant l’appli Ovia !

Mais quelle est donc cette diablerie !

Dans l’extrait publié dans le tweet, on peut lire qu’effectivement, les salarié·es au début râlent en disant que bon, c’est pas très respectueux de la vie privée tout ça, mais que, finalement, comme le boss leur donne des contre-parties et que ça sert à mieux comprendre les employé·es pour s’assurer de leur bien-être, bah c’est pas grave !

Comme je ne m’arrête pas à un extrait d’article publié dans un tweet parce que j’écoute mes propres conseils en terme de vérification de l’information, je suis donc allée lire l’article originel, diffusé sur le Washington Post.

Et c’est donc bien de cela dont il s’agit : Activision-Blizzard propose à ses employées d’utiliser l’application de suivi de cycle et d’aide à la fertilité Ovia contre 1$/jour en bons d’achat. En contre-partie, la société récupère des données agrégées et anonymisées sur ses employées, leurs cycles, leurs grossesses…

L’argument mis en avant par la firme est que cela l’aide à mieux comprendre ses employées, prévenir leurs problèmes de santé et par conséquent, réduire les dépenses de l’entreprise en assurance maladie. Une employée en bonne santé, qui arrive à concevoir son enfant sans risque est un employée qui va mieux pouvoir se concentrer sur son boulot plutôt que de passer son temps chez le médecin, dit-on en substance chez Blizzard.

« Nous sommes dans une période de crise pour la santé des femmes et cela impacte la vie des gens et de leurs enfants », dit-il, faisant référence aux nombre croissant de naissances prématurées et de décès maternels aux Etats-Unis. « Mais cela a aussi un impact pour les personnes qui sont responsables de ces résultats, aussi bien financièrement que pour la santé des membres dont ils sont responsables ».

Paris Wallace, Directeur de chez Ovia, argumentant que c’est dur aussi pour les patrons et les assureurs toutes ses femmes qui meurent en couche et ses naissances prématurées.

L’éditeur de l’application assure que toutes les règles en matière de vie privée, de protection des données sensibles etc sont respectées et qu’elle ne donne à l’employeur et les compagnies d’assurances, avec qui elle a aussi des partenariats, que des informations agrégées, des moyennes, anonymisées qui ne permettent pas de savoir qui précisément est concerné.

Bien évidemment, en terme d’éthique, de respect des bornes des limites, de frontière dépassée, de ligne blanche, jaune, rouge, bleue, tout ce que tu veux, je trouve qu’on n’est vraiment pas au top, là. Je n’ai personnellement pas super envie que mon boss ou ma mutuelle soit au courant de ce qu’il se passe dans ma chatte et mon utérus. Aucune envie que quelqu’un d’autre que moi, mon partenaire et éventuellement un·e professionnel·le de santé soit au courant de tout ça. Et si je décide d’utiliser une appli de suivi, ce n’est pas pour que la planète entière sache que mes secrétions sont plus ou moins épaisses à partir du 15 du mois.

Mais on est au States, le système de santé est différent, le pays est bien plus libéral et en plus, ça se passe dans une grande entreprise qui emploie des milliers de personnes, Leeloo, il est impossible de savoir à qui les données font référence ! Et puis, Ovia interdit aux entreprises à qui elle donne les données de leurs employés de les croiser avec d’autres pour tenter d’identifier ! Elles ne se risqueraient pas à aller à l’encontre de cette interdiction voyons !

Certes. Mais Ovia fait aussi accepter des CGU aux utilisatrices qui lui donnent un droit « perpétuel, irrévocable et sans contre-partie dans tout l’univers » (sic) pour « utiliser et exploiter » leurs données anonymisées pour de la recherche scientifique (soit) mais aussi pour « des besoins marketing internes et externes » (aka, de la pub ciblée et de la compréhension client à 360°). Ovia se donne également le droit de « vendre, céder ou louer les données personnelles agrégées à des tiers« , les tiers, rappelons-le, sont des entreprises privées et des compagnies d’assurance et on ne sait pas qui d’autre. Ovia se défend cependant de revendre les données collectées à des entreprises comme Facebook. Pas comme Flo, donc. Ouf !

L’article du Washington Post est passionnant et montre bien comment aux États-Unis en tout cas, mais on n’est pas à l’abri que ça arrive en France, le corps est devenu un terrain de marchandisation, comment les femmes sont encouragées, dans des moments de vulnérabilité de préférences (infertilité, grossesse…) à partager leurs données privées sans en connaître véritablement les utilisations qui en sont faites (l’appli te permet de renseigner la date de naissance de ton enfant, son poids, le lieu où ielle est né·e, qui t’a accouché, comment, dans quelles conditions…) et qu’une frontière de « digitalisation vaginale » est franchie, comme le disent Natasha Felizi et Joana Varon dans un article intitulé « Menstruapps : comment (faire) gagner de l’argent (à une entreprise) avec vos règles« .

Je te recommande bien évidemment de le lire et, si tu possède un utérus, de prendre conscience de comment peuvent être utilisées les informations sur tes cycles, ton PMS ou encore ta grossesse lorsque tu utilises ce genre d’applications.

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What’s next pour Google Cloud ?

La grand messe annuelle de Google s’est déroulée la semaine dernière et les annonces ont été nombreuses pour les développeurs du monde entier.

Google Voice arrive sur G Suite

Ce service qui permet de bénéficier d’un numéro de téléphone professionnel pour passer des appels depuis n’importe quel appareil (smartphone, tablette, ordinateur) est désormais disponible dans G Suite et bien évidemment connectée aux autres services Google : Calendar, Contacts, Hangouts Chat…

Image Google

Édition des documents Office directement dans Drive

Tu pourras aujourd’hui éditer tes docs Office directement depuis ton Drive, plus besoin d’ouvrir le fichier dans tes applis Microsoft ou d’importer et convertir le fichier dans Google Docs pour ensuite le modifier. Les documents Word s’ouvriront avec Google Doc, les Excel avec Sheets et les PPT avec Slides.

Plus de contrôle avec Drive File Stream

Les administrateur·ices de la version entreprise de Drive pourront désormais mieux contrôler les données qui transitent via Google Drive. Restriction d’utilisation à certains appareils (pour que tu ne puisses pas accéder à ton Drive pro depuis un autre ordi que celui du boulot par exemple) ou même blocage d’un appareil à distance et effacement des contenus hors ligne sur un appareil qui aurait été perdu.

Les téléphones Android deviennent une clé de sécurité

Les appareils Android disposant de la version Nougat (7.0) et plus peuvent être utilisés comme clé de sécurité pour la validation en deux étapes (en bêta sur Chrome uniquement pour le moment).

Gmail renforce la protection contre le phishing et les malwares

Google a conçu un programme pour donner aux admins réseau un paramétrage avancé de la sécurité de GMail. Il leur sera possible de placer des emails en quarantaine, protéger l’user contre des fichiers joints inhabituels avec message d’alerte et enfin, de protéger un groupe Google contre les mails imitant un nom de domaine.

Nouvelle gestion des alertes dans G Suite

Un programme Beta est lancé pour tester les nouvelles fonctionnalités dans le centre d’alerte G Suite. Les admins réseau pourront désormais contrôler le statut des alertes, mieux rechercher des alertes, voir les alertes liées à un même acteur et surveiller l’historique des alertes.

Image Google

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Mise à jour de twttr

Non, je n’essaie pas d’avoir l’air aussi cool que le nom d’un groupe de pop électro mais je te parle bel et bien de l’appli twttr, la nouvelle application prototype de Twitter. Cette dernière a été créée pour permettre aux utilisateurs de tester des nouvelles features et donner leurs feedbacks plus simplement et est sortie il y a un mois environ.

Twttr a été mise à jour la semaine dernière et a vu l’arrivée de nouvelles features à tester par ses milliers d’utilisateurs : le « swipe » pour liker un tweet, des nouveaux labels dans les threads pour indiquer qui est le « posteur » originel ou encore un dark mode avec une meilleure visibilité.

Le truc marrant avec cette app prototype c’est que les users semblent l’apprécier plus que la version officielle de Twitter, ce qui prouve que certaines features testées semblent faire mouche. Mais on ne sait pas si ni lesquelles sont susceptibles de rejoindre l’application officielle.

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Ruined by Design de Mike Monteiro

Un livre que j’ai pas encore lu mais connaissant l’auteur, je te le recommande plus que chaudement.

Le monde fonctionne exactement tel qu’il a été designé. Et c’est bien là le problème pour Mike Monteiro : les designers, depuis que le monde est monde, construisent, fabriquent, créent sans penser (suffisamment) globalement à l’impact de leurs créations. Les machines à combustion qui polluent et détruisent l’atmosphère fonctionnent exactement telles qu’elles ont été designées. Les armes qui tuent des gens fonctionnent parfaitement, telles qu’elles ont été conçues. Et il en va de même pour tout ce qui touche au web, aux réseaux sociaux…

Pour Monteiro « le monde fonctionne tel qu’il a été conçu. Et il ne marche pas très bien. Ce qui signifie que nous devons faire mieux dans notre manière de le construire ».

« The world is working exactly as designed. And it’s not working very well. Which means we need to do a better job of designing it »

Mike Monteiro, Ruined by Design

Dans Ruined by Design, Monteiro veut faire prendre conscience aux designers, qu’ielles travaillent dans le web comme ailleurs, que leur travail est éminemment politique et qu’ielles ne peuvent pas échapper à leurs responsabilités, qu’il s’agisse du choix de leur employeur, des projets sur lesquels ielles travaillent ou des produits ou services qu’ielles conçoivent.

Mais Monteiro ne s’arrête pas là et offre des conseils, outils et méthodes pour apprendre à changer les façons de faire et de penser dans le design : prendre de meilleures décisions, travailler en équipes inclusives et diverses, utiliser la data et le storytelling pour faire valoir ses idées, apprendre à dire non et faire en sorte qu’on écoute pourquoi…

J’ai connu Mike Monteiro grâce à Miloon qui a eu la chance de l’écouter lors de la conférence Beyond Tellerand l’année dernière – j’y vais cette année, je suis REFAITE. Ce designer militant, fervent hater de Twitter et Jack Dorsey, n’a de cesse de troller les patrons des réseaux sociaux pour les inciter à prendre leurs responsabilités face à leurs dérives et celles de leurs plateformes. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages et de nombreux talks. Je te partage ici son talk à BT2018. Ça vaut son pesant de cacahuètes ! Achète son livre toi aussi ! Je n’ai pas encore eu le temps de le lire, mais j’ai très très hâte !


Trucs intéressants dont j’ai la flemme de parler

Next Impact revient sur le décret qui impose la transparence aux plateformes qui ont plus de 5 millions de visiteurs.

Orange a quitté le W3C : pourquoi et quelles conséquences, Next Impact en parle.

Les français·es en ont marre de la pub et du ciblage par la donnée, révèle une étude de Kantar Média dont parle le blog Méta Media de France Télévisions.

Lush a quitté les réseaux sociaux en Grande-Bretagne et la BBC en parle.

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