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Actus du web – S02 E41 – Semaine 38

Hello world et bienvenue dans cette saison 2 des Actus du Web ! Les #ADW c’est mon résumé perso de l’actualité des Internets, du web social et de la communication digitale. Toute la semaine, je veille, je scrute, je retweete et je like des tas d’informations pour pouvoir t’en livrer le best of chaque lundi (environ) ! Ne me remercie pas, ça me fait plaisir ! 

Carnet de naissances et nécrologie

Les features et nouveaux produits, c’est comme tout, ça va, ça vient, ça nait et ça meurt. Cette semaine, nous avons pu assister, entre autres, à deux naissances mais aussi à une mort annoncée.

Commençons par les aspects les plus heureux : les naissances, c’est-à-dire l’arrivée de nouvelles features sur tes plateformes sociales préférées ! C’est d’abord la famille Twitter qui s’est agrandie avec l’arrivée de la diffusion en live placée au dessus de ta timeline. Si tu as mis ton appli native à jour récemment, tu auras sûrement remarqué qu’apparaissent désormais au dessus de ta timeline les streams live des comptes que tu suis. Cela te permet de ne plus manquer les lives de tes chaînes d’infos, les événements sportifs, les concerts et autres défilés de mode parce que tu auras perdu du temps à scroller ta timeline pour trouver le bon Tweet.

La principale question des internautes semble être « est-ce que ça peut être désactivé »: pour le moment, c’est non, mais tu peux toujours passer en « mute » les comptes qui font des lives et que tu n’as pas envie de voir (mais c’est con parce que c’est sensé montrer des comptes que tu suis donc, qui t’intéressent).

Je n’ai pas trouvé la feature très folle en ce qui me concerne, le fait le voir la suggestion apparaître en haut de ma timeline ne m’a pas plus donné envie de regarder un live. Mais peut-être que selon les lives qui me seront proposés, je regarderai alors que les vidéos en direct c’est pas trop ma came. Ce fonctionnement n’est pas sans rappeler la notification que tu reçois sur Instagram quand lorsqu’un des comptes que tu suis commence une diffusion en direct et pour le coup, la présence en haut de timeline est un poil moins intrusive et relou que la notification.

Autre naissance, chez Snapchat cette fois-ci, celle des « Curated Stories« , des Stories, créés par les utilisateur.ice.s de la plateforme, sélectionnées par de grands médias et regroupées dans une Story « curated » (ce qui s’appelle la curation de contenu en français). Ces Stories d’un nouveau genre permettront aux médias avec qui Snapchat a signé un partenariat de diffuser du contenu « UGC » (User Generated Content) lors d’événement ou d’actualité particulière de manière « éditorialisée » et aux couleurs du-dit média (ex : pendant un match de foot, à propos d’un fait divers…).

Les Curated Stories sont en fait une extension de la fonctionnalité « Our Story », qui permet aux utilisateur.ice.s de partager des photos et des vidéos autour d’un sujet commun et qui continuera d’exister, précisent les copain.ine.s du BDM. Pour le moment, une vingtaine de médias partenaires ont signés avec Snapchat pour utiliser les « Curated Stories » dont le français Brut, mais on trouve aussi CNN, le NY Post, Cosmopolitan, Daily Mail, Lad Bible, NowThis…

snapchat curated stories nouvelle fonctionnalité

Image Influenth

Moins réjouissant mais pourtant pas inattendu, la mort annoncé d’Inbox. Mais si, Inbox, rappelle-toi ! L’énième tentacule de Google qui était sensé être une révolution dans la manière de lire ses mails ! Inbox ! Non ?

Non ?

Comme pas mal de monde, tu seras sûrement passé à côté de cet outil qui aura au moins eu le mérite de servir de sandbox aux développeurs de Google pour améliorer Gmail. Lancé en 2014, Google Inbox était donc sensé révolutionner le mail en pré-labellisant les messages dans ta boite de réception pour permettre d’aller à l’essentiel lors de ta consultation bi-demi-heurienne (je sais ça existe pas) de tes messages électroniques. Inbox proposait également des réponses intelligentes aux messages que tu recevais (fonctionnalité qu’on retrouve depuis quelques mois dans Gmail) ou encore de repousser un email à plus tard (comme peut le faire Boomerang mais aussi que Gmail semble déployer petit à petit parce que j’ai eu une suggestion dans le genre dans mes mails pro cette semaine alors que ça n’y était pas auparavant).

Google Inbox fermeture mars 2019

Image BDM

Le service Inbox disparaîtra vers mars 2019 a rapporté Fast Company, la semaine dernière. RIP TITANGE PARTI TRO TO.


Fail and learn

Dire que 2018 n’est pas une année facile pour Mark Zuckerberg est au-delà du pléonasme. Cambridge Analytica, scandale des élections américaines de 2016 qui revient, fake news, censure vs modération…Facebook est clairement dans la tourmente et essaye de se sortir de la merde tant bien que mal, sans avoir trop de caca accroché à ses bottines (tu apprécieras cette analogie du meilleur goût).

Dans le premier volume de ce qui devrait être une série de plusieurs longs posts de blog, Mark Zuckerberg tente de prouver que sa société fait de son mieux pour faire face aux « plus gros problèmes à venir pour Facebook« .  Et le premier de la liste, ce sont les « mid-term elections », ces élections de mi-mandat aux USA qui voient le renouvellement des 435 sièges de la Chambre des Représentants et d’un tiers des 100 sièges du Sénat et qui sont particulièrement importante pour la politique intérieure du pays. Ces mid-term ont lieu le 6 novembre prochain, soit dans un peu moins de deux mois, et Facebook se dit prêt à les surmonter, bien mieux que les précédentes en tout cas.

Dans son post fleuve, Zuckie explique que la plateforme continue de vouloir donner la parole au peuple mais sans pour autant permettre les abus et c’est pourquoi des faux comptes sont supprimés à la pelle en Europe comme aux Etats-Unis, des campagnes d’influences Russes et Iraniennes sont mises au jour et interceptées et qu’un investissement important est fait pour lutter contre la propagation des fake news, le tout en travaillant main dans la main avec les gouvernements et en mettant la barre un poil plus haut avec l’industrie de la pub, afin que les publicitaires soient tenus responsables des messages qu’ils diffusent.

Mark conlclue par un mea culpa après avoir détaillé tout au long de son post, comment Facebook compte faire face pour les mid-terms et les élections à suivre :

In 2016, we were not prepared for the coordinated information operations we now regularly face. But we have learned a lot since then and have developed sophisticated systems that combine technology and people to prevent election interference on our services.

« En 2016, nous n’étions pas préparés aux opérations d’information coordonnée auxquelles nous faisons face régulièrement maintenant. Mais nous avons appris beaucoup depuis et avons développé des systèmes sophistiqués qui combinent la technologie et l’intelligence humaine pour prévenir les interférences dans les élections en utilisant nos services ».

Il déclare enfin que la leçon la plus importante qu’il ait apprise est qu’en construisant un outil qui connecte des millions de personnes, on découvre tout ce que l’humanité à de meilleur mais aussi « des gens qui tenteront d’abuser de ces services par tous les moyens possibles ».

Le mec est à deux doigts de découvrir que l’être humain est une raclure.

En attendant Facebook continue d’essayer de sauver la démocratie en traquant les trolls, les bots, les campagnes d’influence et tout ce qui a conduit Trump au pouvoir pour éviter que ça ne se reproduise ailleurs. Bon courage.

Source


Fin des memes, filtrage et scenario apocalyptique

Bon, d’abord, on va tou.te.s aller se chercher un verre d’eau et respirer par le nez et ensuite, on va se pencher sur l’adoption par l’Union Européenne des articles 11 et 13 de la directive sur les droits d’auteurs.

Comme à chaque fois qu’il s’agit d’une loi,  le sujet est compliqué, les pour et les contre s’affrontent sans merci et les gens qui pigent pas trop (moi, et peut-être toi) se retrouvent un peu perdu au milieu de dizaines de messages, articles, pétitions en ligne appelant à soutenir ou boycotter le truc sans trop savoir quoi penser.

Donc, première information, l’Union Européenne a voté pour le projet de directive sur la réforme du droit d’auteur à l’heure du numérique à 438 voix contre 226, après l’avoir rejeté en juillet dernier.

Cette réforme, en quoi consiste-t-elle ? A la base, il s’agit de modifier les droit européen actuel concernant les droits d’auteur pour l’actualiser, le mettre au goût du jour de l’époque des internets parce que ce qui était vrai hier ne l’est plus spécialement aujourd’hui.

Dans l’idée, j’ai envie de dire, pourquoi pas. Ça semble louable de vouloir aider les ayants droits (ici les éditeurs de presse ainsi que les auteurs, créateurs de tous bords qui diffusent leur art/création/contenu sur le web) à être mieux rémunérés quand leur came est partagée en ligne.

Mais, car il y a toujours un mais, deux articles soulèvent les débats : l’article 11 et l’article 13.

Article 11 : aucun lien, fils unique

L’article 11, qui a été appelé « taxe des liens » et qu’on voit souvent apparaître près du terme de « droit voisin » dans la presse, stipulait que toutes les plateformes qui présentent des extraits de contenu journalistique doivent rémunérer leurs auteurs. Genre quand moi je mets un lien vers le BDM, faudrait que je paye ?  A la base, il était question de ça, enfin surtout si j’étais rémunérée par la pub pour le contenu que je diffuse, d’après ce que j’ai compris, mais après amendement, seules sont concernées les grosses plateformes comme Facebook et Google qui publient des aperçus des articles dans les résultats de recherche par exemple. Ces dernières devront alors reverser une partie de leur revenu publicitaire aux éditeurs de presse afin d’aider la presse à ne pas décéder si possible merci.

Pourquoi pas.

Deux problèmes soulevés avec cet article (mais il y  en a d’autres dont je ne parle pas ici) :

1. Les GAFA sont les rois de l’évasion fiscale et les numéro uns pour réussir à ne pas payer de taxes donc autant te dire qu’on va plutôt voir disparaitre les extraits d’articles dans les posts avant qu’ils ne reversent quoi que ce soit à la presse. Et puis, Google et autres ne seront pas obligés de payer, dans les faits, mais devront négocier avec les éditeurs de presse pour déterminer si rémunération il y a et si oui combien.

2. En basant une grosse partie de leurs revenus sur cette taxe, la presse et les créateurs, pour certains comme Arthur Messaud de la Quadrature du Net se lient « à l’économie de la surveillance de masse (…) La publicité ciblée, il faut rappeler ce que c’est : cela consiste à surveiller tout le monde, tout le temps, partout, et souvent sans notre consentement libre. Mais ça, depuis le 25 mai dernier et l’entrée en vigueur du RGPD c’est clairement illégal. Et pourtant, on voit qu’aujourd’hui,  l’industrie culturelle française est prête à s’allier à un modèle économique fondamentalement illicite ». Plutôt que d’essayer de trouver un modèle économique qui lui soit propre, l’industrie de la culture est accusée d’exiger « les miettes du gâteau » des géants tels que Netflix et Amazon, au détriment des internautes, comme toujours.

Article 13 : Les internautes c’est rien que des hippies qui veulent tout partager gratuitement

Avec l’article 13, on touche ici au partage, à l’utilisation et au téléchargement de contenu frappé du droit d’auteur. Comme l’explique le magazine Marianne, « au départ, (l’article 13) entendait obliger les plateformes à installer un filtrage automatique des contenus en cas de non-accord avec les ayants droit. Concrètement, cela signifiait que toute vidéo, extrait ou texte contrevenant au droit d’auteur aurait été bloqué par un logiciel installé par les grandes plateformes« . Coucou le Content ID de Youtube mais en plus généralisé et automatisé, bonjour la censure aveugle. C’est cet article qui faisait trembler les internets craignant la fin des memes dont l’essence même est basée sur le partage de contenus relevant souvent du droit d’auteur.

Mais après amendement, l’article stipule que « le blocage automatique doit être évité » et que les plateformes devront faire en sorte que les users puissent avoir un recours rapide afin que leur contenu ne restent pas bloqué indéfiniment par le filtrage. La modification de l’article revient aussi sur les petits sites et ceux tenus par des assos, type Wikipedia ou encore des plateformes comme GitHub n’auront pas besoin de filtrer, seules Facebook, Youtube et Twitter, entre autres géants du web, devront mettre en place ce mode de filtrage et « entreprendre des négociations de bonne foi » avec les industries culturelles.

Ce qui pose problème ici :

  1. Le filtrage, contrairement à ce qui est fait sur YT, se fait a priori et non a posteriori, soit avant même que l’internaute ait mis son contenu en ligne. Liberticide much ?
  2. Les grands groupes vont développer leurs logiciels maison pour filtrer les contenus = ils vont faire ce qu’ils veulent.
  3. Le filtrage automatique, de base : censure much ?

En vigueur d’ici 2075 ?

Bref, ce texte, comme tout texte de loi, n’est pas parfait et se complexifie à chaque relecture et amendement. Pas toujours évident, pour nous pauvres internautes, de suivre et de comprendre tous les tenants et aboutissants d’une telle loi mais rassure-toi, le texte n’est pas encore au bout de ses peines : il doit être entériné lors d’un vote en janvier 2019 avant que chaque pays de l’Union Européenne l’applique individuellement.

D’ici là, il peut encore s’en passer mais je te conseille de suivre tout ça de près puisque ça te concerne, ça me concerne, ça nous concerne tou.te.s en tant qu’internautes. Et ça serait dommage de se faire (encore plus) couillonner.

Source

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Le texte de loi si tu aimes la vie et le fun

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